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Première interview de Néji Bghouri à la naissance du SNJT, Afrik.com août 24 2009

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Naissance du premier syndicat national de journalistes de Tunisie

Ce nouvel organe espère défendre la liberté et l’indépendance de la presse

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vu le jour dimanche après un congrès qui a réuni quelque 400 personnes. Cet organe, le premier du genre dans le pays, remplace l’Association des journalistes tunisiens afin de mieux défendre les intérêts des acteurs de la profession. Précisions de Néji Boughouri, membre du bureau du SNJT.

 

Le journalisme tunisien entre-t-il dans une nouvelle ère ? L’Association des journalistes tunisiens (AJT) a été enterrée le week-end dernier, lors d’un congrès à Tunis qui a réuni quelque 400 personnes. Le 27 octobre, plus de 300 journalistes avaient décidé de dissoudre l’AJT et de la remplacer par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui compterait déjà quelque 550 membres. L’un des principaux objectifs de cette structure est de mieux défendre les intérêts des professionnels de l’information. Néji Boughouri, l’un des neuf membres du bureau du SNJT, explique avec une certaine prudence les aspirations du nouveau syndicat.

Afrik.com : Quel est selon vous le bilan de l’AJT ?
Néji Boughouri :
L’AJT militait pour l’amélioration des conditions de travail des journalistes et pour la liberté de la presse. Le syndicat va suivre cette même route.

Afrik.com : Pourquoi avoir remplacé l’AJT par le SNJT ?
Néji Boughouri :
Nous avons fait ce choix pour mieux défendre les intérêts des journalistes et avoir plus de poids dans les négociations. Nous combattons pour la liberté de la presse et l’indépendance de notre secteur. Et nous devons gagner ce combat.

Afrik.com : Certains jugeaient que l’AJT était trop proche du pouvoir…
Néji Boughouri :
L’AJT était une association qui réunissait des journalistes tunisiens de différentes tendances. Mais nous sommes dans une situation délicate où plus de 90% des journalistes travaillent dans des structures étatiques. Il est donc normal qu’il y ait eu des négociations avec le pouvoir.

Afrik.com : L’AJT a d’ailleurs été suspendue de la Fédération internationale des journalistes pour avoir décerné en 2004 un prix au président Zine El-Abidine Ben Ali…
Néji Boughouri :
Le bureau de l’AJT avait choisi une politique et le syndicat aura sa propre politique, que nous définirons avec la société civile et les autorités. Mais notre indépendance ne doit pas être remise en question.

Afrik.com : Lors du congrès du week-end dernier, le président de la Fédération internationale des journalistes s’est alarmé des conditions dans lesquelles les journalistes du monde entier exercent leur profession. Qu’en est-il du quotidien des journalistes tunisiens ?
Néji Boughouri :
Comparé à d’autres pays, la situation est moins critique mais il reste beaucoup de choses à faire pour améliorer la situation des journalistes. Les conditions de travail sont très défavorables. Quatre-vingt pour cent des journalistes ont des problèmes concernant l’aspect matériel, l’application de la loi, les salaires sont très bas… Mais le nouveau syndicat marque le commencement d’une nouvelle ère.

Afrik.com : Pensez-vous que le syndicat pourra résoudre ces problèmes ?
Néji Boughouri :
Peut-être qu’avec le syndicat ce sera un peu différent car il a, sur le plan juridique, le pouvoir de négocier avec les patrons de presse et de l’audiovisuel.

Afrik.com : Comment comptez-vous vous y prendre pour changer le quotidien des journalistes tunisiens ?
Néji Boughouri :
Nous défendrons les journalistes dans les journaux, les radios et les télévisions. Nous allons mettre en place des comités de rédaction, car la plupart des organes de presse n’en n’ont pas, et œuvrer pour que le journaliste ne soit pas censuré. Nous appelons d’ailleurs à lever toute pression sur la presse, les medias audio-visuels et Internet.






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