aller à la navigation

Le SNJT dénonce le putsch du 15 août août 25 2009

Infos : , rétrolien

Tunis, le 24 août 2009

SYNDICAT NATIONAL DES JOURNALISTES TUNISIENS
Communiqué

Le bureau exécutif du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a tenu sa réunion périodique le lundi 24 août 2009 au siège du syndicat. Il a passé en revue les derniers développements et les préparatifs engagés en prévision du prochain congrès extraordinaire du syndicat prévu le 12 septembre 2009.
Le bureau exécutif du SNJT exprime son profond regret face à l’obstination de certains cercles du pouvoir en Tunisie à interférer dans les affaires du syndicat en utilisant l’argent du contribuable et en mettant des espaces publics à la disposition du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, parti au pouvoir en Tunisie, pour mener un coup de force contre notre syndicat, à travers l’organisation, le 15 août 2009, d’un prétendu « congrès extraordinaire » dont l’unique objectif est d’assujettir notre structure et d’en faire une organisation satellite du parti.
Le bureau exécutif du SNJT déplore que malgré la mise en garde officielle qui lui a été adressée, le ministre de la jeunesse, des sports et de l’éducation physique, M. Samir Labidi, ait accordé aux putschistes un espace public placé sous tutelle, enfreignant ainsi les engagements internationaux contractés par la Tunisie en matière d’action syndicale. Le bureau exécutif du SNJT se propose de porter cette affaire devant les instances internationales compétentes.
Le bureau exécutif du SNJT réaffirme son refus de reconnaître le prétendu « congrès extraordinaire » du 15 août et considère ses résultats comme nuls et non avenus. Le soutien dont ont bénéficié les organisateurs de ce congrès, de la part des autorités officielles, ne leur confère aucune légitimité.
Ce coup de force aura, indubitablement, le même sort que celui mené en 1978 contre l’Association des Journalistes Tunisiens (AJT) pour avoir soutenu la direction légitime de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et refusé l’installation de syndicats jaunes « les chourafas ».
En plus des irrégularités réglementaires et juridiques flagrantes ayant entaché l’organisation de ce coup de force, et qui seront examinés par le tribunal de première instance de Tunis le 26 octobre prochain, d’autres abus et dépassements ont été commis par les auteurs de ce putsch, dans l’impunité la plus totale, sous la bienveillante protection des pouvoirs publics et avec la connivence des médias officiels qui ont observé un black out total sur les positions de la direction légitime du Syndicat et glorifié à l’envi celles des putschistes.
Dans une conférence de presse donnée dans l’un des plus grands palaces de la capitale, le président du « congrès », Sami Akrémi, a affirmé que 471 adhérents ont participé à cette assemblée, sans préciser combien d’entre eux ont le statut de « membre actif ». Il a indiqué que c’est la liste des adhérents de l’année de 2008 qui a été adoptée. Or, cette liste comporte 766 membres. En vertu de l’article 39 des statuts, le quorum légal, soit les deux tiers des adhérents, doit être de 511 membres actifs. Le quorum n’étant pas atteint, ce « congrès » est donc illégal.
De plus, les organisateurs du putsch sont allés même jusqu’à désigner parmi les membres du bureau du congrès des personnes étrangères à la profession. En effet, Khelil Rekik, enseignant du secondaire exerçant comme pigiste au quotidien « Essahafa », désigné rapporteur du « congrès », n’a jamais été journaliste et n’a jamais eu sa carte d’adhérent au SNJT. Par ailleurs, des participants au « congrès » ont relevé la présence de caméras dans l’isoloir et remarqué que le nombre des bulletins était supérieur à celui des votants.
Par ailleurs, le bureau exécutif du SNJT dénonce fermement le rôle complice joué par Younès Mjahed, président du Syndicat National de la Presse Marocaine (SNPM) et Makram Mohamed Admed, secrétaire général de l’Union des journalistes arabes, qui, par leur présence, ont cautionné un coup de force et conféré une légitimité contestée et contestable à un « congrès » qui n’a aucune assise juridique.
Le bureau exécutif du SNJT salue le courage et la détermination de plusieurs centaines de consœurs et de confrères qui ont boycotté ce « congrès », manifestant ainsi leur attachement à la légitimité. Il salue également toutes celles et tous ceux qui, par défi et sans prendre part aux travaux, ont pris la parole devant les congressistes pour dénoncer ce coup de force.
Le bureau exécutif du SNJT rend un vibrant hommage à toutes les composantes de la société civile et à toutes les instances internationales qui ont manifesté leur solidarité et leur soutien au SNJT et pris le parti de la légalité et de la légitimité.
Le bureau exécutif du SNJT impute l’entière responsabilité de ces actes répréhensibles à leurs auteurs et à leurs commanditaires. Il se déclare fermement engagé à continuer d’assumer pleinement sa mission jusqu’à la tenue du prochain congrès extraordinaire, le 12 septembre 2009, au cours duquel il acquittera le legs aux seuls légataires légitimes, les journalistes tunisiens.

Vivent les luttes des journalistes tunisiens
Vive le Syndicat National des Journalistes Tunisiens

Pour le bureau exécutif
Le président, Neji Bghouri


Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 73 articles | blog Gratuit | Abus?